Gentil coquelicot

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Dans le talus jouxtant la ligne de chemin de fer, un joli coquelicot s’ébroue de la fraîcheur de la nuit. Il étale ses pétales au soleil encore frais de ce petit matin et découvre à ses côtés un curieux personnage , peu grâcieux, la robe épaisse et la coiffure ébouriffée au vent.

Le coquelicot est stupéfait : comment est-il possible d’ainsi prendre plaisir à se laisser décoiffer ? Tout en inclinant vers son voisin son corps svelte et souple, il s’aperçoit rapidement que l’inconnu reste indifférent à son approche et, pire encore, qu’il ignore tout simplement sa présence trop occupé qu’il est à rester cheveux au vent.

Ne pouvant retenir plus longtemps son courroux, notre végétal rouge se met à gesticuler d’indignation, ce qui a soudain le pouvoir d’enfin faire réagir l’autre qui, de sa position haute dans l’herbe folle longeant les rails, se laisse distraire l’espace d’un instant, si bien que ne pouvant plus résister à la force du vent, sa coiffe moutonneuse s’effiloche et enveloppe notre ami le coquelicot qui se met à toussoter d’étonnement et à éternuer de chatouillement.
Que diable me faites-vous là ? clame-t-il aussitôt ne voyant plus se dresser devant lui qu’une tige verte sans aucune importance.

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4 thoughts on “Gentil coquelicot

  1. Belle photo, hein ? :-))
    Je n’ai pas pu résister, j’espère que tu ne m’en veux pas…

    J’aime les coquelicots, fleurs fragiles et fortes à la fois, comme je l’ai dit sur ton blog. Elles me ressemblent et j’adore les découvrir au milieu de nulle part, dans les champs, les fossés ou même entre deux dalles de béton mal rejointoyées.
    Allez, je me remets la chansonnette !

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  2. au milieu des champs, exprimée avec beaucoup de bonheur, j’aime cette façon d’observer la nature…
    Un blog intéressant, un vrai blog « littéraire » que je découvre avec plaisir

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