L’âge de ses artères

La souris sortit précipitamment du trou. Elle vit un bout de pain qu’elle saisit entre ses deux pattes avant. Le museau en soubresaut, les mandibules en activité, elle fut surprise par un vieux matou, les sens en éveil mais l’esprit engourdi.
Il observa le rongeur sans vraiment réaliser son bonheur puis, stratégiquement, il approcha. S’étirant du mieux qu’il put, l’arthrose de sa colonne, l’arthrite de ses pattes et l’usure de ses coussinets eurent raison de sa discrétion.

La petite souris se retourna et elle se trouva à quelques centimètres de son prédateur. Qu’elle ne fut pas sa stupéfaction de le voir reculer.
Prudente, elle demeura inerte et le gros chat recula encore de quelques pas. Il ajusta sa vue presbyte et dans un effort grimaçant, tenta un énorme bond en avant. Il attérrit sur le ventre, tandis que la souris passait sous ses pattes arrière, évitant de justesse le plat de son embonpoint. Elle enjamba prestement la queue du félin et disparut dans sa tanière, non sans avoir rassemblé les dernières miettes de sa pitance.

Le chat, encore tout étourdi, la regarda faire, il soupira et retourna se coucher au coin du feu…

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11 thoughts on “L’âge de ses artères

  1. merveilleux, comment fais-tu… ?

    Henri Sim n’a pas retrouvé sa vitesse de croisière et Henri 349 est resté en vacances…Ketje s’essaie à la zwanze, il espère que tu viendras lui dire bonjour paske sétu depuis Charlier à la jambe de bois, les Bruxellois attendent toujours un verre de péquet.

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  2. Comme je suis friande de contes, pourrais-tu me raconter pourquoi les arbres perdent leurs feuilles à l’orée de l’hiver… siouplaît…(le sourire et battement des cils en prime 😉 )

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  3. Allez, je te fais ça le plus vite possible mais faut bien bosser, alors un peu de patience…
    Merci pour cette idée et puis pour tous vos compliments à tous.

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