1970, le fils

Deux petits vieux, les yeux flétris, attendent patiemment le retour de celui qui, durant 20 ans, leur a écrit.
Il doit avoir bien changé, là-bas à Marienbourg.
A-t-il été bien nourri ? Et, s’il avait eu froid, le petit.
Deux petits vieux, les mains tremblantes, sans savoir pourquoi craignent ce retour.
Ils attendent, il est peureux, elle est impatiente : après 20 ans, il revient au bourg.
A-t-il été bien nourri ? Et, s’il avait eu froid, le petit.
Le voilà qui arrive avec, pour seul bagage, un baluchon bien vide et une médaille. Ce fut un long voyage, une grande fatigue.
A-t-il été bien nourri ? Et, s’il avait eu froid, le petit.
Le petit devenu grand a bien changé. Pâle, il semble inquiet. Il pense à tout ce qu’il a vécu. Aigri, il a mûri.

Deux petit vieux, les bras tendus, embrassent leur fils et des larmes de joie plein les yeux, lui disent : enfin, tu es revenu.

7 thoughts on “1970, le fils

  1. Le retour du fils prodigue? En tous cas, il leur a écrit pendant 20ans. Quelle fidélité! Il est doux de penser que quelqu’un – quelque part – vous attend les bras ouverts.

    Joliment dit, Hollynx. 🙂

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  2. Le retour est pour moi important, oui.

    Il était parti pour faire faire sa vie, suivre un amant, chercher fortune, faire une guerre, peu importe le lieu, l’époque ou la raison… Je dois y avoir vu le symbole, tout simplement…

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