1972, solitude

La nuit trop vite tombée a rempli la pièce de son châle délicat. Seule avec mes pensées, dans l’obscurité, je reste là.
Le chat ronronne, couché auprès de moi et je m’étonne de voir le soir déjà si bas.
Tout est silencieux et je m’ennuie de ce monde trop silencieux, de ce monde sans vie, entouré de noir et de gris, où tout est informe, terne, triste, où rien ne sourit, où tout est en berne.
Mais voilà qu’il se lève, troublant ainsi l’atmosphère. De lassitude ou de fièvre, il cherche la lumière.
La trouvera-t-il ? Sous la porte, elle n’a que quelques millimètres et, sur le tapis, se réfléchit. Elle est peu large et semble se soumettre à l’ombre que rien d’autre ne surpasse.
La nuit trop vite tombée a rempli la pièce de son châle délicat. Le chat saute sur le fauteuil me faisant fasse, il ronronne, ferme les yeux et s’endort, me laissant seule avec mes pensées.

7 thoughts on “1972, solitude

  1. de malaise, de noires pensées, deux lits jumeaux, deux femmes en stage, lieu de grisaille, je me suis endormie bercée par les ronflements d’elle, me faisant face, comme un matou qui protège nos rêves de son doux ronronnement. J’eus le sommeil heureux… 🙂
    Ton texte – sous un châle de nuit (belle, ton image) – m’a offert ce souvenir perdu. Merci.

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  2. Sioran : non-non, pas de spleen, ce texte a été écrit en 1973…
    Je vais très bien et, c’est vrai que les chaussures ne sont pas l’accessoire vestimentaire que je préfère. En rentrant chez moi, été comme hiver, c’est la première chose que j’ôte. Avec ma montre 🙂

    Nortine : contente que ce souvenir te soit revenu en mémoire. Je ne suis pas certaine que ce ronflement m’aurait plu à moi…

    Carpe Diem : merci pour ces mots sympas.

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