Echappée

Au creux de mon être, s’anime un curieux manège :
Des chevaux de bois qui n’emmènent que moi.
Une multitude de tours gratuits, voilà où j’en suis.
Mais, le cœur en cendres, je voudrais descendre.

Sur une musique infernale qui s’emballe,
Sans ticket, je n’ai pas droit à l’arrêt
L’esprit à l’abandon, dans un tel tourbillon,
Je cherche, en vain, le frein.

Le rictus figé, chimériques et amusés,
Ces animaux quittant le sol m’affolent.
Mon cheval monte et descend en de puissants mouvements.
Aussi, telle un bateau à ses amarres, je me cramponne à la barre.

Prête à tomber, je me mets à hurler :
« Vous n’aurez pas ma peau, espèces de salauds ! »
Ma monture, soudain, se cabre. Elle s’élance en tornade
Et elle nous arrache du carrousel, dans un nuage d’étincelles.

Inondée de bonheur, j’enlace mon sauveur,
Laissant les autres penauds sur le carreau.

18 thoughts on “Echappée

  1. Très joli texte…. La vie éternelle manège mais jamais malgré son tourbillon incessant ne nous privera de la liberté de penser, de rêver et d’aimer…
    Bon dimanche

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  2. Ton cheval n’était pas de bois
    Son coeur a parlé
    Le rictus des autres animaux s’est brisé
    Tous furent transformés en vilains putois …

    Bon dimanche après-midi Hollynx

    Jean-Pierre

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  3. Hollynx. Passer du coeur en cendres à l’envolée inondée de bonheur. L’un des souvenirs que je garde de ces manèges – enchantés – c’est la rangée de petits miroirs qui tourbillonnent sur le pilier du manège, mille reflets de petits elfs chevauchant leurs chevaux blancs…
    Merci pour ton passage et la gentillesse de tes mots.

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  4. Voilà encore un beau souvenir, Nortine.
    Du coeur en cendres à l’envolée de bonheur… et puis après, on doit descendre du manège.
    Pas facile…

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