Vide

J’ai pensé « imagine » et mon imaginaire m’a lâché. Sans crier gare, il est parti me laissant seule avec mon esprit vide. Alors, j’ai imaginé l’inimaginable. Cela n’a pas marché.
J’avais pourtant des idées, auparavant, elles se bousculaient dans ma tête puis, ce fut le trou. Le trou blanc. Blanc parce que quand mes pensées s’envolent, il ne reste que du blanc. Chez certains, il y a des idées noires mais chez moi, il n’y a plus d’idées, ni noires ni en couleurs, seulement une étendue blanche. Mon imaginaire a déteint !
Je regarde, j’écoute, je touche, je sens et je goûte en mille tons, cependant, je pense en blanc, éperdument. C’est désolant !
Où diable se sont enfuies mes idées ? Ces images, qu’en syntaxe colorée, je tricotais un mot à l’endroit, un mot à l’envers ?
Blanc comme neige… Vers blancs. Papier blanc. Nuit blanche. Carte blanche. Tout est si froid, si vide, si mort et je m’en veux tant de ne pouvoir remplir ces blancs.
Je ne peux m’enfoncer dans cette poudre blanche, il faut réagir, écrire, sourire. Sourire ?
Où donc sont passés mes sentiments ? Regarder sans voir, entendre sans écouter, toucher sans percevoir.
Partez mes souvenirs, gambadez dans mon esprit, imbibez chacun de mes neurones à perdre haleine, plus vite, plus fort, plus doux, plus bleu. Bleu ?
Et mon crayon de courir, courir sur cette feuille blanche.
Je les sens revenir ces idées teintées, de la douceur pastelle de ma naissance aux tons criards de la gouache de mon enfance.
J’écris, je vis, rendant à mon imaginaire l’imagination que l’habitude lui avait ôtée.

Advertisements

11 thoughts on “Vide

  1. oui le temps nous donne des habitudes dont on se garderait bien. Et l’habitude nous empeche aussi de construire, d’imaginer.
    Tout vient…petit à petit après le calme…

    J'aime

  2. On ne sait plus apprécier ce qui nous entoure. On court, on vole, on se laisse envahir par tout et par rien, on ne perçoit plus rien.
    Pas même les sentiments !
    Or, la vie, c’est d’abord ça : les sentiments : ressentir la beauté de ce qui nous entoure ou la laideur, les joies, les drames. Aimer et être aimé.

    J'aime

  3. nous vivons dans une société trop conventionnelle… où l’imaginnaire et les rêves font place au rationnel… chaque, elle nous bouffe encore et encore… c’est désolant…

    Et si nous retombions tous en enfance !!!

    J'aime

  4. Je préfère mon état d’adulte mais j’essaye de préserver au maximum mon âme d’enfant, ça c’est sûr ! Pas toujours facile 😦

    J'aime

  5. Un petit exercice :
    – tu prends un papier et un crayon ;
    – de mémoire, tu dessines ta montre (sans la regarder) ;
    – tu compares tous les points.
    Tu verras, c’est édifiant !
    On ne regarde pas notre montre, mais seulement l’heure.
    Cordial bonsoir.
    Jean-Pierre

    J'aime

  6. Il faudrait une montre qui nous aiguille et qui nous dirait
    Avec un petit cri d’alarme réjouissant : « Ah, là !.. Bonheur !… Arrêtez-vous !… Profitez-en !»
    A inventer donc…peut-être cette année ?…
    Reste à trouver l’invent’heures qui voudra bien savant’urer dans ce type de recherche sans lucres hâtifs !

    J'aime

Les commentaires sont fermés.